Vous passez des heures à préparer une formation, vos participants sont attentifs, tout se passe bien… et deux semaines plus tard, quand vous les revoyez pour la suite de votre parcours de formation, vous vous rendez compte que la majorité de vos contenus s’est évaporée. Frustrant, non 😔 ?
Avant de vous en vouloir ou de douter de vos compétences, sachez que c’est un mécanisme naturel du cerveau humain. Comprendre pourquoi nous oublions, c’est se donner les moyens d’agir avec efficacité, comme nous le verrons dans cet article. Nous découvrirons notamment ce que la pensée visuelle peut faire pour lutter contre cette fameuse courbe de l’oubli 😉
Important : Les chiffres et concepts présentés dans cet article sont issus de travaux scientifiques, notamment ceux d’Hermann Ebbinghaus, mais ils font l’objet de débats et de nuances dans la communauté scientifique. Comme tout modèle, la courbe de l’oubli n’est pas parfaite, mais elle reste un outil utile pour réfléchir à nos pratiques pédagogiques 🙂
Temps de lecture estimé : 5 minutes 🙂
Pourquoi la majorité du contenu de nos formations s’évapore en 48h ? On vous explique tout
La réalité qui nous touche tous : 70% oubliés en 24h
Vous l’avez peut-être vécu personnellement : après une journée de formation, vous rentrez chez vous avec la tête pleine 😣, mais dès le lendemain matin, une partie des informations vous échappe déjà . Ce n’est ni de votre faute, ni celle du formateur. C’est simplement la façon dont notre cerveau fonctionne 🙂
Les recherches d’Hermann Ebbinghaus, bien que réalisées dans un contexte expérimental très spécifique, ont mis en lumière un phénomène universel : sans réactivation, notre mémoire laisse filer rapidement les nouvelles informations. Les chiffres couramment cités parlent de 50 à 70% d’oubli dans les premières 24 heures, puis d’une stabilisation progressive autour de 20-25% de rétention après environ 30 jours.

Attention : ces pourcentages varient énormément selon le type de contenu, le contexte d’apprentissage, l’implication émotionnelle, et bien d’autres facteurs. Ils ne sont pas une vérité absolue, mais plutôt un indicateur général qui nous invite à réfléchir.
Ce que ces chiffres révèlent
Ces chiffres ne sont pas une condamnation de nos efforts pédagogiques. Ils révèlent trois réalités importantes :
1. Le cerveau trie naturellement les informations
Notre cerveau ne peut pas tout retenir. Il fait constamment le tri entre ce qui lui semble essentiel et ce qui peut être oublié. C’est une fonction d’optimisation, pas un défaut.
2. L’oubli n’est pas un échec personnel
Ni pour le formateur, ni pour l’apprenant. C’est un processus biologique normal. Comprendre cela permet d’aborder la formation avec plus de sérénité et moins de culpabilité.
3. Nous avons des leviers d’action concrets
Si nous comprenons comment fonctionne l’oubli, nous pouvons mettre en place des stratégies pour favoriser la mémorisation à long terme 🙂
La courbe de l’oubli d’Ebbinghaus : comprendre ce qui se passe dans le cerveau de vos participants
L’expérience de 1885 qui explique tout
Hermann Ebbinghaus, psychologue allemand, a réalisé dans les années 1880 une expérience fascinante : il a mémorisé des listes de syllabes sans sens (comme « WID« , « ZOF« , « KAL« ) et a mesuré combien il en retenait au fil du temps.
Pourquoi des syllabes sans sens ? Précisément pour éliminer toute association logique ou émotionnelle qui aurait facilité la mémorisation🙂 Il voulait étudier la mémoire « pure« , en quelque sorte.
Résultat : il a observé une chute rapide de la rétention dans les premières heures, puis une décroissance plus lente. Cette « courbe de l’oubli » a depuis été étudiée, nuancée, critiquée, mais elle reste un modèle utile pour comprendre nos processus de mémorisation.
Nuance importante : les conditions de l’expérience d’Ebbinghaus sont très éloignées d’une vraie situation d’apprentissage. Vos formations comportent du sens, des émotions, des liens logiques… autant d’éléments qui facilitent la mémorisation bien au-delà de syllabes absurdes. Mais le principe général reste valable : sans réactivation, l’oubli s’installe 🙂
Pourquoi notre cerveau est programmé pour oublier (3 raisons biologiques)

1. L’économie d’énergie
Notre cerveau consomme environ 20% de notre énergie totale. Retenir absolument tout serait coûteux et inefficace. Il privilégie donc les informations qu’il juge importantes ou fréquemment utilisées.
2. La gestion de l’espace de stockage
Même si notre capacité de mémorisation est immense, notre cerveau ne peut pas accéder instantanément à tout. Il optimise en « archivant » ce qui ne sert pas régulièrement et en gardant accessible ce qui est utile au quotidien.
3. La priorisation de la survie
Historiquement, notre cerveau a évolué pour retenir ce qui nous aide à survivre : dangers, sources de nourriture, relations sociales… Une formation sur Excel, aussi passionnante soit-elle, n’a pas le même poids biologique qu’un prédateur potentiel !
Ces mécanismes ne sont pas des bugs, ce sont des fonctionnalités. À nous de nous en saisir pour adapter nos pratiques pédagogiques 🙂
3 pièges invisibles qui amplifient l’oubli (même chez les meilleurs formateurs)

Piège 1 : L’illusion de maîtrise (vos participants pensent avoir compris)
En fin de formation, vos participants hochent la tête, répondent correctement aux questions, semblent avoir tout compris. Et vous-même, formateur, vous sentez que « ça passe bien« . Mais cette compréhension immédiate ne garantit pas du tout la rétention à long terme.
C’est ce qu’on appelle « l’illusion de maîtrise » : nous confondons la familiarité immédiate avec un apprentissage solide. En réalité, sans pratique et réactivation, cette compréhension s’évapore rapidement.
Piste de solution: Si vous avez la chance de retrouver vos participants dans une prochaine session, invitez-les à pratiquer d’ici là et à noter leurs doutes ou questions pour une prochaine fois.
Piège 2 : La densité d’information (notre cerveau sature vite)
Nous avons souvent tendance à vouloir « tout dire » dans une formation. Après tout, nous avons des années d’expertise à partager, et le temps est compté ! Mais notre cerveau a une capacité d’absorption limitée. Trop d’informations d’un coup, et il décroche ou ne retient que l’essentiel… voire rien du tout.
Ce n’est pas une question d’intelligence ou de motivation. C’est une limite cognitive universelle.
Proposition : Privilégiez la profondeur sur la quantité. Mieux vaut trois concepts bien ancrés que dix concepts survolés 🙂
Piège 3 : Le manque de points d’accroche émotionnels
Les informations « froides« , factuelles, sans émotion ni histoire, sont les premières à s’effacer. Notre cerveau retient beaucoup mieux ce qui est lié à une émotion (joie, surprise, curiosité, même inconfort), à une anecdote personnelle, ou à une expérience vécue.
Si votre formation ressemble à un long catalogue d’informations neutres, aussi claires soient-elles, une grande partie risque de se perdre rapidement.
Ainsi, n’hésitez pas à intégrer des histoires, des exemples concrets, des moments de surprise ou de découverte dans vos formations 🙂
6 stratégies qui vous aideront à ancrer vos formations dans la durée
D’accord, notre cerveau est une passoire… mais ne baissez pas les bras pour autant ! Maintenant que vous comprenez pourquoi vos participants oublient, passons à la partie la plus intéressante : comment les aider à mieux retenir.
Voici six approches concrètes pour aider vos participants à retenir davantage. Pas de recette miracle, juste des leviers à activer selon vos contraintes et votre contexte 😊
Stratégie 1 : La répétition espacée (votre alliée anti-oubli)
Le principe est simple : plutôt que de tout dire une seule fois, revenez sur les concepts clés à intervalles réguliers. Le premier rappel dans les 24h, puis à J+7, puis à J+30, par exemple.
Cela peut prendre la forme d’un email de synthèse, d’un quiz léger, ou d’une courte vidéo récapitulative. L’idée n’est pas de refaire la formation, mais de réactiver les traces mémorielles avant qu’elles ne s’effacent complètement 🙂
Le dessin pour renforcer cette stratégie : Si vous proposez des formations sur plusieurs jours espacés, créez un « pictionnary » visuel avec vos participants. Chaque session commence par redessiner ensemble les concepts clés de la session précédente. Cela réactive la mémoire tout en consolidant les liens visuels 🙂

Stratégie 2 : Les flashcards visuelles (simple et puissant)
Les flashcards (cartes mémoire) sont un outil de répétition espacée très efficace. D’un côté une question ou un concept, de l’autre la réponse ou l’explication. Vos participants peuvent les réviser à leur rythme.
Encore mieux : Donner des cartes avec un dessin dessus à chaque participant et lui demander de dire ce que cela lui évoque en lien avec la ou les journées de formation précédentes 🙂
Stratégie 3 : L’effet de test (pratiquer pour mémoriser)
Paradoxalement, tester ses connaissances n’est pas seulement une façon d’évaluer, c’est aussi une façon d’apprendre. Se poser des questions, essayer de récupérer une information en mémoire, renforce cette information.
Dans cette logique, il peut être utile de proposer de petits quiz à la fin de chacune de vos journées de formation, des exercices pratiques, des mises en situation. Le but n’est pas de juger, mais de stimuler la récupération active des informations.
Stratégie 4 : Le dessin pour ancrer par l’image
Le dessin active plusieurs canaux de mémorisation : visuel, moteur (geste de dessiner), et narratif (raconter en images). En intégrant du dessin dans vos formations, vous créez des « ancrages visuels » puissants.

Attention : le dessin n’a pas besoin d’être réalisé en direct pour être efficace. Vous pouvez préparer des synthèses visuelles, encourager vos participants à dessiner leurs propres schémas, ou utiliser des supports illustrés.
Lien externe à ajouter :
- Texte cliquable : « Comment dessiner en direct dans vos formations »
- URL : [lien vers votre article sur le dessin en direct]
Stratégie 5 : Les rituels de réactivation (J+1, J+7, J+30)
Une autre piste pertinente peut-être d’instaurer des « rendez-vous mémoire » après la formation. Pas besoin de longues sessions : 10 minutes suffisent.
À J+1 : Un email avec les 3 points clés de la formation À J+7 : Un quiz ludique ou une question ouverte pour réfléchir À J+30 : Une courte vidéo ou un document visuel récapitulatif

Ces rituels envoient un signal à votre cerveau : « Cette information est importante, garde-la accessible. »
Stratégie 6 : Les ancrages émotionnels (histoires et expériences)
Racontez des histoires, partagez des anecdotes personnelles, créez des moments de surprise ou de rire. Les émotions sont des amplificateurs de mémoire extrêmement puissants.
Vous pouvez aussi inviter vos participants à partager leurs propres expériences : cela crée du lien, de l’engagement, et des souvenirs émotionnels associés aux concepts.
Le dessin renforce cette stratégie : combinez dessin et storytelling pour créer des ancrages visuels et émotionnels. Par exemple, raconter les étapes par lesquelles vos participants doivent passer pour réussir à mettre en pratique le contenu de votre formation, ou demandez à un participant de dessiner son expérience personnelle liée au sujet. Cette double activation (émotion + image) crée des souvenirs particulièrement durables.

À vous de jouer !
La courbe de l’oubli n’est pas une fatalité, c’est une réalité biologique que nous pouvons apprivoiser avec pratique. Ni vous ni vos participants n’êtes « en échec » quand l’oubli se manifeste 🙂 C’est simplement le signe qu’il est temps de réactiver, de pratiquer, de revisiter.
Parmi les six stratégies proposées, choisissez-en une ou deux qui vous semblent réalistes dans votre contexte. Commencez petit : un simple email de rappel le lendemain, une anecdote marquante…
L’important n’est pas de tout appliquer parfaitement, mais de prendre conscience du phénomène et d’agir, à votre rythme, avec ou sans l’aide du dessin 😉
Et vous, c’est quoi votre technique préférée pour aider le cerveau de vos participants ? 🧠Vous avez des techniques qui marchent du tonnerre pour que vos formations ne finissent pas oubliées comme les bonnes résolutions du 2 janvier ? 😅
Partagez vos pépites en commentaire, j’adore découvrir ce que vous expérimentez !
