Vous avez peut-être déjà entendu parler de Mike Rohde, ce designer américain qui a transformé notre manière de prendre des notes visuelles. Son approche du sketchnoting facile et expressive a inspiré des milliers de personnes.
Et pourtant… Quand on découvre ses pages harmonieuses, on peut se dire : « Mes notes n’ont rien à voir avec ça… » 😞
Vos dessins vous paraissent parfois brouillons, vos pages manquent d’équilibre ? C’est normal. Cela fait partie du processus d’apprentissage ! 🙂
Petite anecdote personnelle
En 2019, j’étais à l’International Sketchnote Camp. Mike Rohde y était aussi. Dans ma tête, c’était LE moment pour échanger avec lui, poser mille questions, absorber sa sagesse…
La réalité ? Nous avons à peine échangé quelques mots 😅

Alors non, je ne peux pas vous dire : « Mike m’a confié ses secrets autour d’un café. » 😅
Mais ce que je PEUX vous dire, c’est que j’ai décortiqué son travail et étudié son livre « The Sketchnote Handbook » 🙂

Les 5 astuces que je vais partager auraient peut-être pu venir de sa bouche… si on avait eu cette fameuse conversation 😉
Quoi qu’il en soit, je vais vous révéler 5 idées concrètes à appliquer sans modération 😊
Vous y trouverez des premières astuces simples, mais pourtant capables de transformer votre pratique dès votre prochaine prise de notes 😉
Temps de lecture estimé : 6 minutes 🙂 – Pour les plus pressés, une synthèse visuelle est disponible en fin d’article 😉
Les 3 pièges qui sabotent votre apprentissage du sketchnoting facile
Piège 1 : Comparer vos débuts aux années d’expérience des experts
Vous regardez les sketchnotes magnifiques de Mike Rohde ou d’autres experts et vous vous dites : « Je n’y arriverai jamais. » STOP. Vous comparez vos premiers pas à leurs 10-15 ans de pratique quotidienne !
La solution : Comparez-vous uniquement à vous-même. Votre dixième sketchnote sera meilleur que votre premier. Votre centième sera impressionnant. Le sketchnoting facile est une question de répétition, pas de talent inné 🙂
Dans l’introduction de son livre The Sketchnote Handbook*, Mike Rohde raconte avec humilité l’hiver 2006, quand il était « à bout, fatigué » de sa méthode de prise de notes traditionnelle avec crayon à papier et grands carnets. Il a dû trouver une meilleure façon de prendre des notes… et n’a jamais arrêté de la pratiquer depuis 🙂 (* Lien affilié)

Piège 2 : Vouloir créer votre « style unique » immédiatement
Vous voulez développer votre signature visuelle dès la première semaine ? C’est comme vouloir avoir un accent avant de maîtriser la grammaire d’une langue : on peut se dire que cela viendra dans un deuxième temps 😉
La solution : Copiez sans honte pendant au moins 3 mois. Reproduisez les sketchnotes de Mike Rohde, de Craighton Berman, de Eva-Lotta Lamm. Votre style émergera naturellement de ce qu’il vous plaît de dessiner et de ce que votre main produit spontanément. Le sketchnoting facile commence par l’imitation intelligente 🙂

Piège 3 : Acheter trop de matériel avant de commencer
Carnets Moleskine, feutres Copic, iPad Pro avec Apple Pencil… Vous pensez que le bon matériel rendra le sketchnoting facile ? Ce n’est malheureusement pas le cas, bien que je comprends que cela puisse vous faire envie 😉
Mon conseil : n’hésitez pas à commencer avec ce que vous avez et enrichissez votre trousse au fur et à mesure 🙂.

Le véritable secret du sketchnoting facile
Après avoir analysé des centaines de sketchnotes de Mike Rohde, j’ai compris quelque chose d’essentiel :
La beauté, le perfectionnisme, le style artistique sont secondaires. Parce qu’au fond, le sketchnoting n’est pas une question d’esthétique 😀
Le sketchnoting n’est pas une forme d’art. C’est un outil de pensée qui se trouve être visuel.
— Mike Rohde, The Sketchnote Handbook
C’est ça, le véritable secret : la première chose que vous devez chercher, c’est l’efficacité. Est-ce que vos notes vous aident à penser, à mémoriser, à structurer vos idées ? Si oui, mission accomplie, peu importe si ce n’est pas « instagrammable ». Sinon, essayez d’abord de transmettre le fond, en vous disant que la forme viendra avec le temps et l’expérimentation 🙂

Les 5 Idées de Mike Rohde pour un sketchnoting facile et immédiat
Idée 1 : Oubliez la page parfaite (le sketchnoting facile commence dans le désordre)
Voici une bonne nouvelle : le sketchnoting facile ne commence pas par une structure rigide. Il commence par… le chaos organisé !
Le secret : Ne planifiez pas votre page à l’avance. Commencez simplement par écrire le titre, puis laissez les idées se déposer naturellement sur la page au fur et à mesure.
Pourquoi ça fonctionne ? Parce que vous ne pouvez malheureusement pas prévoir la structure d’une présentation avant de l’avoir entendue. Et quand vous débutez, vouloir organiser votre page à l’avance peut vous paralyser et vous déconnecter du contenu réel.
👉 La recette du sketchnoting facile pour démarrer :
- – Écrivez le titre en haut de page (taille normale, pas besoin de lettrage artistique)
- – Écoutez la première idée
- – Notez-la là où votre stylo touche naturellement la page
- – Continuez ainsi, idée après idée
- – Utilisez des flèches, des cadres ou des sous-titres pour organiser APRÈS coup si nécessaire
L’erreur à éviter : Tracer des cadres vides « à remplir plus tard ». Le risque ? Que vous gardiez de l’espace et que vous ne vous souveniez plus quoi mettre dedans. Ou que l’espace soit disproportionné par rapport à ce dont vous vous souvenez (trop grand ou trop petit), etc.

Idée 2 : Limitez votre palette graphique (moins d’options = sketchnoting plus facile)
Voici une révélation qui va vous libérer : vous pouvez créer d’excellents sketchnotes avec seulement 5 à 7 éléments visuels récurrents. Pas 50. Pas 100. Sept.
La philosophie ? Créez votre bibliothèque visuelle minimale et utilisez-la encore et encore.
La bibliothèque de base du sketchnoting facile :
- – Une ampoule = idée
- – Une flèche = action, direction, lien
- – Une étoile = point important
- – Un personnage simple = acteur, personne
- – Un cadre = concept, groupe d’idées
- – Un point d’exclamation = attention, alerte
- – Un point d’interrogation = question, doute
C’est tout. Avec ces 7 éléments, vous pouvez sketchnoter 80% des contenus que vous rencontrerez.
👉 L’exercice magique : Dessinez ces 7 symboles 20 fois chacun sur une feuille. À la vingtième répétition, votre main les produira automatiquement pendant que votre cerveau se concentre sur le contenu. Vu comme ça, le sketchnoting est plus facile, non ? 🙂

Idée 3 : La hiérarchie du sketchnoting facile : miser sur la taille, pas sur la décoration
Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de calligraphie élaborée pour créer de la hiérarchie visuelle dans vos notes.
L’astuce ? Jouez uniquement sur la taille des lettres.
Les trois tailles magiques :
- XXL : Le titre principal (2-3 cm de haut)
- M : Les sous-titres et concepts clés (1 cm)
- S : Le texte courant et les détails (taille normale d’écriture)
Pas besoin d’ombres portées, de dégradés ou de styles de lettrage complexes. La différence de taille suffit à créer une hiérarchie claire et immédiatement lisible.
La recette express :
- 1. Identifiez vos niveaux d’information : titre ? sous-titre ? détails ? annotations ?
- 2. Pratiquez la taille que vous allez donner à chaque niveau AVANT de commencer
- 3. Restez cohérent tout au long de votre sketchnote
- 4. Résistez à la tentation de commencer par la décoration : faites-le dans les temps morts si vous en avez l’envie / l’opportunité
Mike Rohde le dit lui-même :
Je préfère toujours voir un sketchnote esquissé, brut et imparfait qui capture réellement le concept, plutôt qu’une belle illustration.

Idée 4 : Écoutez d’abord, dessinez ensuite (le timing secret du sketchnoting facile)
Voici l’erreur la plus fréquente des débutants : vouloir tout dessiner EN MÊME TEMPS que l’orateur parle. Résultat ? Vous manquez la moitié du contenu et vous êtes constamment en retard 😰
Approche alternative : envisagez le sketchnoting en deux temps, pas en un seul.
Temps 1 : La capture (80% du temps)
Pendant que l’orateur parle, vous capturez principalement avec des MOTS. Oui, des mots ! Vous notez :
- – Les concepts clés
- – Les phrases importantes
- – Les connexions entre idées
- – Quelques symboles ultra-rapides (parmi les 7 fantastiques vus plus haut 😉)
Temps 2 : L’enrichissement visuel (20% du temps)
Pendant les pauses, transitions ou moments moins denses, vous enrichissez visuellement :
- – Vous encadrez les concepts
- – Vous ajoutez des icônes
- – Vous dessinez des personnages
- – Vous créez des séparateurs visuels
Cette approche rend le sketchnoting facile parce qu’elle élimine le stress de « tout faire en même temps ». Vous restez connecté au contenu tout en créant progressivement votre page visuelle.
Notez qu’une fois à l’aise, vous pourrez tenter d’attendre avant de prendre des notes : cela vous permettra de décider de la structure visuelle la plus adaptée pour rendre compte de ce qui se dit (niveau plus avancé) 🙂

Idée 5 : Pratiquez sur du contenu pré-enregistré (le terrain d’entraînement du sketchnoting facile)
Un conseil précieux, si jamais il s’avérait nécessaire : entraînez-vous chez vous avant de sketchnoter en direct une conférence importante 😉 Sinon c’est un peu comme vouloir apprendre à nager en pleine tempête ! On peut toujours le faire si l’on est vraiment téméraire, mais disons qu’il y a des alternatives plus confortables 😅
L’approche pour progresser rapidement ? Entraînez-vous sur des contenus que vous pouvez mettre sur pause.
Les terrains d’entraînement parfaits :
- – Les TED talks (15-20 minutes, riches en idées, disponibles gratuitement)
- – Les podcasts (possibilité de pause et retour en arrière)
- – Les webinaires enregistrés (contenu professionnel, vitesse contrôlable)
- – Les documentaires (des visuels sont souvent déjà présents : utile pour l’inspiration 😉)
La recette d’entraînement de 3 semaines :
Semaine 1 : Sketchnotez 3 TED talks courts (5-7 minutes). Mettez sur pause autant que nécessaire. Objectif : terminer la page, pas la perfection.
Semaine 2 : Sketchnotez 2 TED talks moyens (15 minutes). Limitez-vous à 5 pauses maximum. Objectif : améliorer votre vitesse.
Semaine 3 : Sketchnotez 1 TED talk complet (18 minutes) sans pause. Enrichissez visuellement pendant les 5 dernières minutes. Objectif : conditions réelles.
Après ces 3 semaines, vous serez prêt pour le direct. Et le sketchnoting facile deviendra votre seconde nature 🙂

Alors maintenant… à vous de jouer 🎉
Prenez une feuille, un stylo, et lancez-vous, même si vous avez peur que votre première page ressemble à un gribouillis d’enfant ! 😄
Allez, testez une idée, un symbole, une flèche… et partagez vos réussites en commentaires.
Je serai ravi de découvrir vos progrès ✨

Encore un super article très didactique ! Et surtout la synthèse visuelle de l’article est top ! Merci pour ce précieux travail Laurent 🙂
Avec plaisir, merci Sophie ! Je suis ravi que l’article et la synthèse t’aient plu 😊