Prise de notes visuelles en direct : ma meilleure astuce

Vous aimeriez prendre des notes visuelles pour synthétiser en live des discussions ou différents évenèments (formations, conférences, groupes de travail) ?

Vous avez raison ! Car la prise de notes visuelles est un excellent moyen de restituer quelque chose de structuré, « propre » et attrayant, bref de prêt à l’emploi : image professionnelle garantie, utilité maximale.

Finies les hésitations au moment de restituer un travail de groupe (« Heu, on voulait dire quoi déjà ? » ; « Attendez, on l’a écrit quelque part, mais je ne le retrouve plus :/ »)…

Finis les comptes-rendus où les informations importantes sont noyées dans des listes à puces…

Adieu les notes « pattes de mouche » que l’on prend pour se rassurer et que l’on peine à relire…

… Le monde de la prise de notes visuelle en direct vous tend les bras !


Seulement voilà : pour en arriver là, le chemin est bien souvent semé d’embûches 😣

Entre :

  • La peur de simplement essayer
  • Les essais où l’on réalise (une fois perdu) que l’on est trop lent
  • Les résultats surchargés ou pas explicites

…

Les raisons de se décourager ne manquent pas !

Pourquoi la prise de notes visuelle en direct est-elle si difficile ?

Et pourtant, après en être moi-même passé par là, je peux aujourd’hui vous l’affirmer : prendre des notes visuelles en direct ne nécessite pas d’avoir un talent inné du style « On l’a ou on l’a pas » (bonne nouvelle ! 😅).

En revanche, synthétiser des propos en direct demande beaucoup de concentration… et pas moins de compétences !

Parmi celles-ci :

1. Savoir identifier ce qui vaut la peine d’être illustré
2. Savoir traduire les idées en dessins bien choisis
3. Savoir structurer l’ensemble des idées émises (alors que l’on n’a aucun recul sur celles-ci)
4 Et pour finir : savoir faire tous les points ci-dessus suffisamment vite pour ne pas être largué… ou risquer de passer à côté d’une information importante 😅


Vous l’aurez compris : le point 4 repose sur les 3 premiers (sans eux, on ne peut pas aboutir) et nécessite surtout de la pratique, une fois les 3 premiers points bien en place.

Les deux premières compétences, quant à elles, sont exactement les compétences dispensées dans le parcours « Bilingue en Gribouilles » et forment le socle indispensable à qui veut traduire efficacement ses idées en dessins didactiques 🙂

Dans cet article, nous allons donc nous concentrer sur le point 3, pour voir comment structurer un ensemble d’idées au fil de l’eau, sans recul sur ce qui est dit. C’est ce point qui s’est avéré être le plus différenciant pour moi, en m’aidant à passer de « je cherche à frénétiquement tout noter et dessiner » à « je produis des notes visuelles synthétiques et structurées ».

Donc soyez bien attentifs à ce qui suit, car ce point pourrait avoir, pour vous aussi, plus d’importance que vous ne pourriez le penser de prime abord 😉

Comment structurer les idées au fil de l’eau ?


Mais avant toute chose, petite mise en garde. Peut-être vous dîtes-vous « oui, mais si nous assistons à une conférence, le conférencier va nous donner son plan en début de conférence, donc on sait déjà à quoi s’en tenir ».


Dans un tel cas, libre à vous bien sûr de vous reposer sur le plan proposé par le ou la confériencière au début de son intervention.

Mais :

– il se peut qu’aucun plan ne soit de toute façon annoncé

– cela ne répond pas au besoin de structurer au fil de l’eau des échanges sans plan annoncé au préalable (discussions ou résultats d’un atelier de travail de groupe, par exemple)

– et pour ma part, je ne me repose jamais sur le plan donné par un ou une conférencière en début de conférence. Jamais.

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons :

1. Ce n’est pas un plan qui m’aidera à m’approprier les idées (je préfère les réorganiser pour identifier ce qui me paraît important)
2. Le plan proposé est souvent (excusez-moi cet instant de vanité ^_^’)… superficiel. Bien sûr, ce n’est pas toujours vrai. Mais il n’est pas rare que ce soit le cas.

Exemple typique de plan adopté : on commence par se présenter en tant que conférencier, puis on donne des définitions, avant de présenter un point de vue ou une solution, et de finir par une conclusion.

Et en dehors du plan, il n’est de toute façon pas rare qu’il y ait des digressions qui vous fassent hésiter (« faut-il dessiner ça ou pas ? :/).

Attention : le plan donné par un conférencier n’est pas toujours le plus efficace à suivre pour prendre vos notes visuelles !

Essayez de suivre un tel plan pendant votre prise de notes visuelle et c’est la fin : vous galérez à essayer d’illustrer consciencieusement des définitions, pour lesquelles vous n’avez aucune idée de la place qu’il est pertinent de leur consacrer.

Et quand arrivent les choses éventuellement intéressantes, vous n’avez plus de place disponible et êtes obligés de les écrire en petit, en vous disant « mince, cela aurait mérité plus de place ! »

Pourquoi poser votre crayon peut améliorer votre prise de notes visuelle


Alors comment faire ? Pour ma part, j’ai fini par adopter une stratégie d’apparence périlleuse mais fort utile : poser mon crayon. Oui, vous avez bien lu : poser mon crayon. Pour écouter. Pour repérer ce qui est important. Pour avoir une vision claire de ce qui vaut la peine d’être illustré et comment.

En clair : pour structurer mes idées au fil de l’eau… je ne les structure pas vraiment au fil de l’eau 😉

Crayon au repos, oreilles à l’affût 😊


Selon les cas, il n’est en effet pas rare que je passe la moitié du temps d’une conférence… à ne rien faire. Enfin pas vraiment : en fait, j’attends d’avoir suffisamment d’informations pour décider d’une structure à suivre pour démarrer ma prise de notes visuelle.


J’ai en effet quelques structures simples mais efficaces à ma disposition, dans lesquelles j’essaie de faire rentrer ce qui est discuté en direct.


Ces structures sont utiles parce que :

– elles permettent de raconter une histoire (donc d’intéresser les personnes qui vont les lire)

– elles sont simples

– et parce qu’elles me permettent dès le début de diviser ma feuille en 3 espaces à peu près égaux, donc de gérer la disposition de mes informations.

Vous l’aurez compris : pour structurer mes idées au fil de l’eau… je ne les structure vraiment pas au fil de l’eau 😉

D’une part parce que je me laisse le temps et d’autre part parce que mon travail de structuration… n’en est pas vraiment un. Je ne structure pas en direct : je me cale sur une structure choisie en amont et ne fais que choisir les informations à répartir dans cette structure.

2 structures simples pour prendre des notes visuelles en direct


Concrètement, voici les 2 structures types que j’utilise le plus :

1. Problème > Solution > Bénéfices
2. What? So what? Then what?


La 1 est de loin ma préférée pour les ateliers de travail de groupe et pour les conférences.


La 2 s’applique à merveille pour les compte-rendus de réunion (imaginez 3 « colonnes » : à gauche « De quoi parle-t-on ? », au milieu « Quelles décisions prend-on ? » et à droite « Quelles sont les prochaines étapes (qui fait quoi ?) »).


Ainsi, j’attends par exemple (mon stylo posé) d’identifier le problème que notre conférencier a cherché à résoudre (rappelez-vous : souvent il ou elle commence par des définitions, puis passe à la solution : à vous de vous débrouiller pour trouver le problème auquel cette solution répond !).

Puis ensuite, seulement quand j’ai bien identifié le problème dont il est question, je commence à prendre mes notes visuelles (bien sûr, je suis en même temps attentif à tout ce qui pourrait concerner les catégories « solution » et « bénéfices » pour les retranscrire par la suite).


J’essaie d’utiliser le moins possible la structure numéro 2 pour les conférences, car c’est souvent proche de la structure type utilisée par les conférenciers et que je trouve moins efficace pour « raconter une histoire ».

Car c’est un des avantages de ces structures : elles racontent une histoire, avec un début et une fin. En utilisant la structure 1, vous pouvez même directement écrire votre titre sous forme de question, et vous débrouiller pour apporter la réponse tout au long de votre prise de notes visuelle.

Fini les sketchnotes décousus, où l’on a du mal à voir où l’on va ! Ici, il y a un début intéressant (un problème, une question), un fil directeur et une fin !


Notez que pour les ateliers de travail, il peut être judicieux d’ajouter une étape en plus. La structure devient alors :


Problème > Causes > Solutions > Bénéfices

(ou simplement problème > Causes > Solutions si pertinent).

Comment réussir votre prise de notes visuelle en direct ?

En synthèse, pour prendre des notes visuelles en direct, vous devrez :

  1. Décider rapidement d’une structure à adopter en fonction de votre contexte (« Problème > Solution > Bénéfices » ou « What? So what? Then what? »)
  2. Écouter attentivement pour orienter les sujets vers l’une ou l’autre de ces « colonnes »
  3. Accepter d’attendre pour ne retenir que le plus important / structurant dans chacune de ces colonnes
  4. Traduire le contenu de ces colonnes en dessins pertinents
  5. … tout en continuant d’écouter attentivement pour garder le fil (le point 4 doit pour cela bien sûr être maîtrisé et exécuté sans hésitation !)


Et vous ? Avez-vous déjà tenté d’utiliser des structures « préfaites » pour skecthnotes ? Si oui lesquelles ? Qu’est-ce qui vous bloque le plus dans la prise de notes visuelles en direct ? Dites-moi tout dans les commentaires ci-dessous !


En tous cas, si vous voulez essayer, un conseil : commencez par noter au brouillon (de la façon qui est la plus rapide pour vous) ce qui « tombe » dans les différentes catégories de votre structure au fur et à mesure.

Vous pourrez ensuite piochez dedans au moment d’illustrer votre support. Et avec la pratique, vous arriverez progressivement à vous passer du brouillon, pour juste écouter… et prendre vos notes visuelles en direct 😉

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